Roberto Heras dopé à l’EPO sur la Vuelta
9 novembre 2005 23:03Je n´ai pas l’intention de faire de ce blog une chronique des cas de dopages découverts dans le monde du cyclisme professionnel. Ce n´est pas une actualité qui me passionne et je laisse bien volontiers aux médias traditionnels le loisir de s´en repaître. En général, j’éprouve un certain dégoût face à l’acharnement dont font preuve certains journalistes, qui ne savent pas ce que c’est que de souffrir sur un vélo toute l’année pour toucher le SMIC.
Or, les mésaventures de Roberto Heras, dont vous pourrez lire les tenants et aboutissants sur la Flamme Rouge, touchent tout de même un coureur qui vient de battre le record des victoires dans le Tour d’Espagne, en enlevant sa quatrième victoire au général en septembre dernier.
Il s’agit donc de ce qu’on a coutume d’appeler un nouvelle faisant l’effet d’une bombe.
Une bombe, c’est bien à cela que nous avait fait penser Roberto Heras, que l’on avait vu à l’agonie sur le Tour de France quelques semaines auparavant, lors de la dernière épreuve chronométrée de la Vuelta, qui se tenait la veille de l’arrivée à Madrid.
Lui qui se prenait régulièrement des “valises” dans les contre-la-montre individuels, avait failli mettre tout le monde d’accord, battu de moins d’une seconde par le seul Plaza, alors qu’il avait déjà la victoire finale en poche et que cet exploit était donc tout à fait inutile.
La presse internationale ne tarissait pas d’éloge, évoquant le sursaut d’orgueil d’un champion blessé par les critiques concernant ses piètres performances au Tour de France et le rôle prépondérant de son équipe dans ses victoires sur la Vuelta, émanant d’une presse espagnole qui ne lui aura jamais pardonné son message à l’ennemi (comprenez l’US Postal de Lance Armstrong)
En parlant de son équipe, la Liberty Seguros de Manolo Saiz, c’est tout de même un coup dur car même si on accepte l’idée que le dopage y est généralisé (Ribeiro et Nozal ont déjà été pris la main dans le sac un peu plus tôt cette année), il demeure que le coup tactique de la quinzième étape Cangas de Onis-Valgrande/Pajares, qui avait permis à Heras de détrôner le leader Menchov en lui reprenant plus de 5 minutes, suite à une magnifique attaque collective de l’équipe, fut à n’en pas douter l’un des grands moments de la saison cycliste 2005, et restera gravé dans les mémoires.
Pour autant qu’elle soit confirmée par la contre-expertise, la mise à pied dont fait l’objet Roberto Heras fait du nouveau-venu Alexandre Vinokourov le leader designé, incontestable et incontesté de l’équipe en 2006.
Heras aurait pourtant pu lui être d’un précieux secours sur les pentes du prochain Tour de France.
Par ailleurs, on peut espérer dans l’intérêt du coureur kazakhe que d’autres coureurs de l’équipe ne vont pas être mis en cause pour des faits similaires dans les semaines qui viennent, et qu’on ne va pas assister à une partie de domino-cascade comme dans l’affaire Cofidis.
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