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Championnat du Monde - Salzbourg 2006 - Le film de la course - le sacre de Paolo Bettini

25 septembre 2006 2:31

J’ai eu la chance de regarder la course en intégralité, et je dois remercier ma femme pour sa patience !

J’ai regardé les 5 premiers tours sur la RTBF, puis j’ai zappé vers Sporza, la chaine flamande.

J’étais un peu déçu de ne pas entendre Rodrigo Beenkens. En effet, la paire Bruwier - Bulens est certes compétente, mais elle manque un peu de dynamisme et de passion.

Cela dit, on ne peut pas leur reprocher la médiocrité de la réalisation autrichienne, qui rappelait celle du mondial de Madrid il y a un an.

Le film de la course :

Après quelques escarmouches dans le premier tour, couru à vive allure, c’est le Colombien Ardila Cano qui crée le premier écart significatif sur le peloton.

Il est pris en chasse par l’Américain Tyler Farrar. Un groupe part en contre, composé de Van Goolen, Tosatto, Nocentini, Schreck, De Groot, Perez, Roche, Andonov Petrov (Bulgarie), Thomas Voeckler et Kychinski (Biélorussie). Il reprend Farrar puis Ardila et comptera jusqu’à 15 minutes d’avance sur le peloton.

A la mi-course, ce groupe compte encore 8 minutes d’avance et oblige l’Autriche, la Suisse et les Pays-Bas à travailler derrière, alors que la Russie et l’Australie s’économisent. Les Pays-Bas ne croient manifestement pas dans les chances du malheureux Bram De Groot

Les Autrichiens Bernard Kohl et Peter Wrolich se sacrifient ainsi pour Bernard Eisel, de même que Joost Posthuma pour Boogerd et Kroon, et Albasini et Zaugg pour Cancellara et Elmiger.

Une contre-attaque part avec Bruseghin, Marlon Perez Arango, Nick Nuyens, Sieberg, Pozzato et Popovych mais le peloton réagit avec l’Autriche, à nouveau piégée, et l’Espagne qui n’est pas non plus parvenue à placer un homme dans le contre.

Le regroupement s’opère avec les 6 hommes partis en poursuite et c’est le moment choisi par l’Italie et la Belgique, pourtant représentés devant, pour durcir la course.

Là, j’ai plus ou moins compris l’attitude des Italiens qui n’avaient pas emmené de grand sprinter dans leurs valises, mais bien 9 grands coureurs de classiques.

Mais honnêtement,  les Belges devaient-ils déjà durcir et chasser sur Van Goolen à ce stade de la course ? Je suis sceptique.

A 4 tours de l’arrivée, Paolini et Flecha attaquaient dans la montée mais c’est dans la descente qu’un nouveau groupe partait en contre-attaque, emmené par Cancellara, le récent champion du monde du chrono, avec Stuart O’Grady, Di Luca, Arvesen, Devolder, Gilbert, Pozzato, Sastre, Samuel Sanchez, Belohvosciks, Ljungvist, Efimkin, Sorensen et Kashechkin.

Les 14 coureurs reprenaient les 11 coureurs de tête (Ardila avait été lâché) et on se retrouvait avec un groupe de 25 coureurs à 65 kilomètres de l’arrivée, dont 4 Italiens, 3 Belges et 3 Espagnols.

Les Pays-Bas à nouveau piégés et devaient rouler derrière et Tankink se sacrifiait. Puis surprise, ce sont les Belges qui venaient leur prêter main forte avec notamment Leif Hoste.

Carlo Bomans expliquera après la course qu’il ne pouvaient pas contrôler ce groupe de 25 coureurs, malgré la présence de Gilbert flanqué de deux solides équipiers.

Là j’enrage car Tom Boonen n’affichait manifestement pas depuis plusieurs semaines une domination insolente sur le reste du peloton et la Belgique avait toutes les cartes en main pour entamer une partie de poker menteur.

Bref, les carottes sont cuites lorsque l’Espagne se joint à la poursuite (Flecha), de même que l’Australie (Evans).

Il est donc clair que les grandes nations jouent la carte de leur leader respectif, Boonen, Valverde, McEwen.

Un peu bizarre, d’autant que l’Italie est toujours dans un fauteuil (mais il faut dire que l’équipe italienne ne compte pratiquement que des stars)

Le regroupement a lieu à 30 km de l’arrivée.

Bettini démarre dans l’avant-dernier passage de la bosse et emporte Wegmann sur son porte-bagage. Les deux hommes sont repris.

Davide Rebellin attaque à son tour et s’en va avec Loosli et Chavanel.

Les Autrichiens se sont refait une santé et Haselbacher, aidé par 3 équipiers ramènent le peloton, en vue d’amener leur leader Eisel au sprint final. Remarquable pour une nation ne pouvant compter que sur six unités, mais transcendée par l’enjeu, devant son public.

A 1 tour de l’arrivée, soit 22 km, 117 coureurs sont groupés, ce qui prouve que le tracé n’était pas suffisamment sélectif car le peloton a pourtant fait la course.

Nouvelle attaque de Sylvain Calzati, Trenti et Efimkin.

Cette fois les Italiens ramènent.

Dans l’avant-dernière bosse, Ballan tente d’écrémer le peloton et seuls Murn et Boogerd réagissent.

Puis c’est au tour de Vinokourov de sortir de sa réserve et de sortir avec Schumacher, Cancellara, Bettini, Sanchez, Valverde, Kroon, Zabel et Eisel.

Dernière côte et regroupement au pied, mais Bettini parvient à sortir seul cette fois juste devant Kroon, Wegmann, Boogerd, Vinokourov et David Millar.

Malin, l’Italien se laisse rejoindre à 6 km de l’arrivée sachant qu’il serait le plus rapide au sprint dans ce groupe de 6 coureurs. Mais le groupe est finalement repris, par un peloton dans lequel figurent toujours Boonen, esseulé, et surtout Robbie McEwen, quant à lui accompagné de Stuart O’Grady.

Les Italiens ne se découragent pas et repartent à l’assaut avec Pozzato, puis Rebellin, avant que Cancellara et puis Vinokourov ne jouent leur va-tout à 2km de la ligne. Boonen est en quatrième position du peloton, et McEwen n’est pas loin.

C’est finalement Samuel Sanchez qui finit par créer un petit écart décisif, sous la flamme rouge, alors que Valverde est bien calfeutré dans son sillage. On croit que l’Espagne va réaliser le hold-up parfait et tirer profit du harcèlement réussi par les Italiens, mais c’est sans compter sur ces vieux briscards de Erik Zabel et Paolo Bettini qui ont flairé le bon coup et accompagné le duo espagnol.

Zabel lance le sprint à 450m de la ligne et on croit l’Allemand en passe de décrocher le titre, mais Paolo Bettini émerge au terme d’un sprint parfait et régulier.

Les Australiens McEwen et O’Grady règlent facilement le sprint du peloton qui arrive 2 secondes après le quatuor de tête.

Ils auront certainement des regrets d’avoir laissé filer Sanchez ! 

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